« Chocolatine » ou « pain au chocolat », « septante » ou « soixante-dix », un accent chantant ou un débit particulier : ces petits détails sont déjà des étiquettes qui trahissent notre région d’origine. Le roumain n’y échappe pas : en Transylvanie, le célèbre papuci (« chaussons ») fait sourire le reste du pays, lorsque quelqu’un annonce « Je pars tout de suite, je mets mes papuci », au sens de ses chaussures. Vous avez sans doute vous aussi un ami d’une autre région avec qui vous avez longuement débattu de ce genre de mystère.
Parle-t-on alors de dialectes ou de parlers régionaux de la langue roumaine ? Quelques précisions ci-dessous.
Les quatre dialectes du roumain
La plupart des romanistes considèrent qu’il existe quatre dialectes du roumain : le daco-roumain, l’aroumain, le mégléno-roumain et l’istro-roumain.
Le roumain s’est formé au nord comme au sud du cours inférieur du Danube, avant l’arrivée des tribus slaves dans la région. La langue parlée au nord du Danube, en Roumanie et en République de Moldavie, est souvent appelée daco-roumain pour la distinguer des trois autres langues romanes orientales. Elle est devenue le roumain contemporain, langue officielle de la Roumanie.
Les philologues et traducteurs de Syncro Translation Services nous aident à y voir clair.
L’aroumain, ou macédo-roumain, est parlé sur des zones relativement étendues de Macédoine, d’Albanie, de Grèce, de Bulgarie, de Serbie et de Roumanie, où vivent d’importantes communautés aroumaines.
Le mégléno-roumain est parlé sur une zone assez réduite, dans la région de Meglen, au sud de la péninsule balkanique.
L’istro-roumain est parlé dans quelques villages du nord-est de la péninsule d’Istrie, en Croatie, région géographiquement bien plus proche de l’Italie que de la Roumanie.
Les philologues de l’agence de traduction Syncro Translation Services donnent un exemple de ce qu’est un dialecte : dans une communauté aroumaine, un locuteur du roumain peut se faire comprendre dans la langue courante et reconnaître de nombreux mots proches ou sous des formes populaires, un peu « comme dans les contes », car ce dialecte n’a pas connu la même évolution linguistique. L’essentiel est que l’on peut communiquer grâce au vocabulaire le plus usuel.
Les parlers régionaux
Les parlers (graiuri en roumain) sont les formes que prend la langue dans certaines zones géographiques du pays. Ceux dont nous parlons ici, sur le territoire roumain, dérivent du daco-roumain, qui compte le plus grand nombre de locuteurs (plus de vingt millions) et qui est le seul à être devenu langue littéraire, avec une norme supra-régionale, et langue officielle.
Le parler des différentes régions s’appelle donc scientifiquement un « parler » et non un dialecte. Chaque parler comporte ses régionalismes et expressions idiomatiques, ainsi qu’un accent ou un rythme propres.
Les linguistes répartissent les parlers du roumain en deux grands groupes : le groupe du nord, qui inclut le moldave, et celui du sud, ou valaque, eux-mêmes divisés en sous-parlers : moldave, valaque, du Banat, de la région du Criș, du Maramureș, de l’Olténie, du pays d’Oaș, etc. On pourrait faire un parallèle avec le français, où l’on parle de français du Québec, de Belgique, de Suisse ou du Midi : ce sont des variétés d’une même langue, et non des dialectes.
On mesure combien une langue recèle de subtilités. C’est pourquoi les traductions les plus fines gagnent à être supervisées par des traducteurs natifs, comme c’est le cas dans les équipes de projet de Syncro. Une équipe composée de traducteurs natifs et de traducteurs spécialisés est la clé d’une traduction raffinée. Une langue vit grâce à ses locuteurs natifs et devient un outil de travail international grâce à des traducteurs spécialisés.
