Quand on évoque l’histoire de la traduction, on pense à l’histoire universelle, à l’évolution de l’humanité, aux premières écritures, au déchiffrement des langues qui ont donné naissance aux sociétés et aux cultures actuelles. Entre théories, philosophies et grands noms, on finit par retomber sur la tour de Babel, ce carrefour biblique et mythologique où est née l’idée du multilinguisme, avec les difficultés qui l’accompagnent. La confusion des langues de Babel est peut-être surtout une allégorie : celle du besoin d’échange et de communication qui accompagne la diversité culturelle.
Quelques étapes décisives
Vers 2000 av. J.-C., l’Épopée de Gilgamesh a déjà été reprise en partie dans d’autres langues de l’Orient ancien. En parcourant rapidement le Moyen Âge, du Ve au XVe siècle, on peut retenir quelques moments clés. Les lettrés du monde arabe ont d’abord traduit les œuvres philosophiques des Grecs, puis ces versions arabes ont été traduites en latin. Sur le plan religieux, selon la tradition, soixante-dix érudits ont traduit pour la première fois l’Ancien Testament en grec au IIIe siècle av. J.-C. : la Septante est ainsi devenue la base de nombreuses éditions dans d’autres langues. Avec l’invention de l’imprimerie, le premier grand livre imprimé en Europe fut une Bible en latin.
L’industrialisation a transformé le monde et le mode de vie des habitants de toutes les régions du globe. À l’aube de la révolution industrielle, née en Angleterre au XVIIIe siècle puis étendue au XIXe siècle à la Belgique, à l’Allemagne, au nord de la France, aux États-Unis et au Japon, on peut déjà parler des débuts d’une industrie de la traduction. Au fil du XVIIIe siècle apparaissent les premières formations et associations professionnelles : le métier de traducteur est reconnu comme une profession spécialisée.
Un saut à travers le temps
Chronologiquement, il a fallu jeter d’innombrables passerelles entre cultures et langues. D’un grand bond, on arrive à aujourd’hui : la traduction est devenue une industrie considérable. Chaque entreprise de traduction est un maillon d’une chaîne qui permet au mécanisme mondial de fonctionner. Maintenant que l’univers s’est installé sur internet, le besoin de services linguistiques ne cesse de croître. Les demandes du marché s’étendent : traduction de sites web, supports marketing, documentations et brochures de formation, logiciels, manuels multimédias, art, littérature, et bien d’autres. La traduction a toujours servi, et servira encore, dans tous les domaines : relations politiques et sociales, tourisme, sciences, philosophie, médecine, informatique… et la liste reste ouverte.
