Quels types d’intelligence trouve-t-on au sein d’une agence de traduction ?
La psychologie nous l’enseigne : l’intelligence est une forme d’adaptation optimale et efficace de l’individu à des situations nouvelles et problématiques, par la restructuration des données de l’expérience. C’est ainsi que J. Piaget la définissait. Ce processus repose sur d’autres phénomènes : l’adaptation, résultat de l’interdépendance entre l’assimilation de l’information (l’expérience cognitive antérieure) et l’accommodation (la transformation de cette expérience).
Beaucoup plus tard est apparue la notion d’intelligences multiples. La théorie a été formulée et structurée par H. Gardner. Selon lui, les intelligences représentent la capacité cognitive de l’individu, décrite par un ensemble d’aptitudes, de talents et de savoir-faire mentaux que possède toute personne au développement normal, regroupés en huit catégories. Ces huit intelligences sont développées à des degrés divers, interagissent et se combinent de façon unique. Sans établir de hiérarchie, Gardner a défini les intelligences suivantes, que nous énumérons et décrivons ci-dessous.
L’intelligence linguistique est la capacité de résoudre des problèmes à l’aide du code linguistique, avec une sensibilité au sens et à l’ordre des mots. On y trouve les traducteurs assermentés et spécialisés, les spécialistes de grammaire ou les professeurs de langues, mais aussi les interprètes linguistes et les philologues de toutes spécialités. Dès l’école, ils se distinguaient en littérature et en langues étrangères, lisaient avec plaisir, retenaient facilement les règles de grammaire et rédigeaient sans peine des textes ou des commentaires littéraires complexes. Qu’ils soient traducteurs natifs, philologues ou traducteurs assermentés, tous font preuve d’une intelligence linguistique très fine.
L’intelligence logico-mathématique est la capacité de manipuler des modèles, des catégories et des relations, de regrouper, ordonner et interpréter des données, et de problématiser. Elle n’est évidemment pas l’apanage des ingénieurs ou des informaticiens, mais elle s’y exprime volontiers sous forme de goût pour les « sciences exactes ». De nombreux spécialistes de la grammaire, ainsi que les traducteurs techniques, obtiennent des scores élevés dans ce type d’intelligence.
L’intelligence spatio-visuelle est la capacité de former un modèle mental de l’espace, de résoudre des problèmes au moyen de représentations spatiales et d’images, d’avoir le sens de l’orientation et de lire cartes, schémas et graphiques. Les personnes qui animent les équipes et les projets de traduction, si précieuses dans une agence, possèdent aussi cette qualité. L’attention portée à la mise en page et aux détails du format final contribue à un produit de qualité.
L’intelligence musicale est la capacité de résoudre des problèmes et de produire des œuvres par le rythme et la mélodie, avec une sensibilité au rythme et la faculté de reconnaître diverses formes d’expression musicale. À cela s’ajoute l’intelligence corporelle-kinesthésique, la capacité de résoudre des problèmes et de créer à l’aide du mouvement du corps et de la dextérité dans la manipulation d’objets. Impossible, ici, de ne pas citer les interprètes en langue des signes qui, sans travailler nécessairement dans une agence de traduction, facilitent eux aussi la communication dans un domaine particulier de la société.
L’intelligence interpersonnelle est la capacité de résoudre des problèmes par l’interaction avec autrui, ainsi que l’aptitude à discerner les attentes des autres et à y répondre de manière adaptée. Elle est essentielle dans les métiers qui supposent un contact direct avec le client, la négociation, l’art de la présentation et la prise de parole en public. Dans une agence comme Syncro Translation Services, on met toujours l’accent sur les qualités qui en découlent, aussi bien dans la communication avec le client que dans les valeurs de l’organisation.
L’intelligence intrapersonnelle se décrit comme la capacité de résoudre des problèmes et de créer grâce à la connaissance de soi, à l’accès à ses propres ressentis et à l’aptitude à les discerner et à les exprimer, ainsi qu’à la conscience de ses propres connaissances, capacités et désirs.
L’intelligence naturaliste est considérée comme la capacité de résoudre des problèmes et de développer des produits à l’aide de taxonomies et de représentations de l’environnement. Les spécialistes des sciences médicales et les traducteurs médicaux cultivent beaucoup ce type d’intelligence.
La dernière décrite est l’intelligence existentielle, liée à la connaissance du monde, caractéristique des philosophes, des écrivains et des personnes passionnées de spiritualité ou de thérapies alternatives ; on n’a toutefois pas réussi à localiser la zone cérébrale qui l’active. Une bonne traduction littéraire, par exemple, fait appel à ce type d’intelligence chez le traducteur ; faute de quoi le texte est sec, dépourvu d’émotion, traduit sans restituer l’émotion du texte source.
Si l’on croit au premier abord qu’un traducteur est simplement une personne « qui a toujours aimé les langues étrangères », et donc dotée d’une bonne intelligence linguistique, une analyse plus attentive révèle, au sein d’une bonne équipe de traducteurs, une véritable constellation d’intelligences, indispensables à un travail efficace et créatif. Chacun mobilise au quotidien des combinaisons et des matrices différentes de plusieurs types d’intelligence, dont l’une est toujours dominante.
